EXPOSITIONS

LUDOVIC BONEY

Le concept du passage est associé à l’expérience « de la traversée ». C’est sur cet aspect et, en particulier, sur l’expérience esthésique (des sens) que porte mon travail en sculpture. Par un dispositif d’immersion, je désire confronter notre corps aux objets, aux formes et aux dimensions.

À OBORO, je souhaite proposer une œuvre que le spectateur peut parcourir : 50 planches placées comme autant de rangées en culture sur lesquelles sont « ensemencées » 2000 tiges de métal couronnées de sacs de plastique récupérés. Au cœur d’un champ évocateur de problématiques contemporaines, la lecture sémantique est contaminée par l’expérience sensuelle.

L’expérience consiste à marcher sur des madriers souples - hyperbole du plancher de la salle d’exposition - et à se sentir simultanément en dehors du lieu - l’impression d’être dans un champ, à l’extérieur de la salle. Cette idée d’être « dans » et « en dehors » du lieu m’intéresse particulièrement, tout comme les points de vue possibles inhérents à la proposition.

L’œuvre présente un intérêt expérientiel (lors du passage), mais également en tant qu’installation sculpturale à observer depuis l’extérieur du champ. Le mouvement chorégraphique des tiges, le corps du spectateur apparaissant en filigrane au milieu des tiges et dont la tête est cachée par les épis de plastique offrent un paysage inquiétant.

Le passage est également marqué par une amplification du craquement des planches mêlée au son du plastique : ambiance sonore qui participe au potentiel immersif de l’installation

Afin d'éviter tous ces noeuds

Ludovic Boney © 2019 Editions XXI